Le Monastère, multiculturellement au service de la personnel Dans cette institution, plus du quart du personnel est constitué d’immigrés. Une armée essentiellement composée de femmes qui jouissent de l’estime de leur direction. Un quart de siècle déjà, que Le Monastère accueille des pensionnaires octogénaires. Généralement en perte d’autonomie, ces personnes ont besoin d’un service soigné et efficace. Alors quand il embauche, le directeur veut avant tout un personnel qualifié. « Mes employés sont originaires d’un peu partout dans le monde. En plus du Canada, ils viennent de Yougoslavie, Burundi, Nicaragua, France, Tchétchénie, Algérie, Maroc et Chili », s’enorgueillit Michel Plouffe, le directeur. Depuis huit ans qu’il tient les rênes de la résidence du Monastère, Michel Plouffe a le même leitmotiv : « Nous offrons une opportunité de travail aux gens, à eux de se faire leur place ». C’est ainsi que 16 immigrés, sur les 60 employés que compte l’établissement, sont en train d’y faire leur nid.
Expériences enrichissantes
Au-delà du visage multiculturel de la résidence du Monastère, Michel Plouffe est fier de la diversité des compétences de l’établissement. Il ne tarit pas d’éloges sur le travail de ses collaborateurs. « Charlotte Ciza, par exemple, a une place importante ici grâce à sa compétence ». Ainsi, quand à la suite d’un accident de la route, la Burundaise a dû arrêter de travailler pendant un an, le directeur lui a gardé sa place. « Même parmi les dernières recrues, je n’ai que du bon service. Candice Berthier, par exemple, embauchée depuis deux mois, est très appréciée par son superviseur qui me dit qu’elle est excellente. Je l’avais senti en entrevue, puisqu’elle avait déjà de l’expérience acquise en France, son pays d’origine ».
Être apprécié à sa juste valeur
Patron heureux, Michel Plouffe l’est. Mais s’il y a une chose qui le désole, c’est que la plupart des immigrés qui travaillent pour lui sont qualifiés pour des emplois plus valorisants. « Beaucoup d’entre eux ont fait de longues études. Ce sont des gens instruits et qui ont parfois un bagage professionnel important que notre société méconnaît ».
Asmae Moumni, est l’une de ces personnes. Analyste agroalimentaire au Maroc pendant 15 ans, après un diplôme obtenu en Belgique, elle est préposée aux bénéficiaires à la Résidence du monastère. « Arrivée au Québec, j’ai postulé à un emploi similaire dans une entreprise. Elle a préféré engager un jeune fraîchement sorti de l’école plutôt que moi qui avais de l’expérience ». Asmae en sera traumatisée. Mais elle retient une leçon : « Ici, il faut un diplôme québécois pour que les employeurs vous recrutent, en général. Mon mari est retourné aux études, pour avoir un diplôme québécois sur son CV et il travaille maintenant en biochimie. Moi, je refuse de recommencer à zéro ». Employée à la résidence du Monastère depuis trois ans, Asmae ne compte pas chercher un autre emploi. Elle préfère rester fidèle à un employeur qui l’apprécie à sa juste valeur, dans un environnement où il fait bon travailler.
| Jorge Gutierrez et l’internationalisation des entreprises du Val-Saint-François Ce conseiller en affaires permet aux entreprises de la MRC de conquérir de nouveaux marchés à l’étranger, et de s’assurer ainsi une meilleure croissance. « Je me suis réveillé à l’heure allemande aujourd’hui ». Fraîchement rasé, souriant, Jorge Gutierrez est d’attaque pour une autre journée de travail commencée à…4h du matin. C’est ça son « heure allemande ». « Je devais m’entretenir avec une représentante de la Délégation générale du Québec à Munich [Allemagne, ndlr]. Il était 10h du matin là-bas, la bonne heure pour travailler avec eux ». S’il se réveille aussi tôt, c’est pour veiller à la bonne marche des transactions des entreprises du Val-Saint-François. Conseiller en affaires internationales au CLD (Centre local de développement), son rôle principal est « d’aider les entreprises de la MRC à faire des affaires à l’international, en particulier dans le monde hispanophone, et à les accompagner dans ce processus. Ces entreprises sont toutes des PME qui n’auraient pas, autrement, les moyens de s’offrir cette expertise à temps plein », explique Éric Tessier, directeur à la prospection international au CLD. De l’opinion d’Éric Tessier, « Jorge sait gagner la confiance des entrepreneurs. Il a une expérience pointue sur le marché mexicain. Notre souhait est de le garder le plus longtemps possible ». Un employeur Québécois qui veut le fidéliser à un poste qui correspond à ses compétences, c’est nouveau pour Jorge Gutierrez. Il y a encore deux ans, personne ne voulait lui donner sa chance.
L’avocat devenu plongeur
Avocat au Mexique, Jorge Gutierrez n’a pas hésité à retrousser les manches au Québec pour se faire une place. Un parcours éprouvant, que le jeune homme raconte maintenant avec décontraction. « Quand je suis arrivé ici, en 2006, j’espérais trouver directement un emploi à la hauteur de mes qualifications ». Il va tomber de haut. « J’ai postulé comme consultant pour les banques, les assurances et même à la Cour municipale. J’ai eu droit à la même ritournelle, je manque d’expérience de travail canadienne ». Jorge décide alors de revoir ses ambitions à la baisse, pour un début.
Dans les agences de services à la clientèle où il se présente, on lui reproche sa surqualification et son français hésitant. Las, il aligne les petits boulots, « pour survivre », ses économies fondant au fil des mois. « Pour vous donner une idée de ces petits boulots, il m’est arrivé de faire de la plonge », confie-t-il avec un sourire désarmant.
Alors qu’on lui conseille de se remettre aux études de droit, pour devenir avocat au Canada, Jorge Gutierrez choisit de valoriser ses acquis mexicains et d’opter pour une formation plus courte. Après un an en Commerce international au séminaire de Sherbrooke, son stage se concrétise en emploi. Dans son costume de conseiller en affaires internationales, Jorge Gutierrez se sent maintenant à son aise. « Je me sens utile à faire ce qui me passionne ». Et cela vaut bien quelques heures de sommeil en moins.
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